Un de vos travailleurs voit son permis approcher de sa date d'expiration et vous ne savez pas quoi faire. La bonne nouvelle : en 2026, la prolongation d'un permis de travail fermé au Québec n'est plus votre seule option. Il en existe quatre et le bon choix dépend de la situation exacte de votre employé.
Ce qui se passe vraiment quand le permis expire
Un permis de travail fermé lie votre employé à vous. Le jour où il expire, votre employé perd le droit de travailler, à moins d'avoir déposé une demande avant l'échéance. C'est le point que trop d'employeurs découvrent trop tard.
Si une demande de prolongation ou de nouveau permis est déposée avant la date d'expiration, votre employé bénéficie de ce qu'on appelle le statut implicite : il peut continuer à travailler aux mêmes conditions pendant que le dossier est traité. Si la demande est déposée après, ce filet disparaît. Le travailleur doit arrêter et rattraper la situation devient long et incertain.
Autrement dit, la vraie échéance n'est pas la date sur le permis. C'est la date où vous lancez la démarche. Et en 2026, avec l'expiration de centaines de milliers de permis partout au pays, les délais de traitement ne jouent pas en votre faveur. Plus tôt vous décidez, plus vous avez de voies ouvertes.
- Le permis fermé lie le travailleur à un seul employeur.
- Déposer avant l'expiration active le statut implicite : le travail continue pendant le traitement.
- Déposer après l'expiration fait perdre ce filet et complique tout.
- La date qui compte, c'est celle où vous agissez, pas celle inscrite sur le permis.
Voie 1 : la prolongation de 12 mois, sans EIMT
C'est la voie la plus rapide et la moins coûteuse mais elle ne vise qu'un groupe précis. Depuis le 13 mars 2026, une mesure temporaire d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada permet de prolonger de 12 mois le permis de travail fermé de certains travailleurs déjà au Québec.
Le mécanisme est intéressant pour vous : le nouveau permis est délivré dans le cadre du Programme de mobilité internationale, ce qui veut dire aucune nouvelle EIMT à produire. Pas d'affichage de poste, pas de démonstration de besoin de main-d'œuvre, pas de frais fédéraux de 1 000 $. Votre employé reste chez vous, sans interruption.
Qui est admissible
La mesure ne s'applique pas à tout le monde. Votre employé doit :
- détenir (ou avoir récemment détenu) un permis de travail lié à un employeur, dont l'expiration tombe entre le 13 mars et le 31 décembre 2026 ;
- être engagé dans un parcours vers la résidence permanente au Québec, c'est-à-dire avoir une demande dans le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ).
Les titulaires d'un permis de travail ouvert n'y sont pas admissibles et la mesure ne couvre pas les conjoints ni les personnes à charge. La demande doit être présentée sur le site d'IRCC au plus tard le 31 décembre 2026 et surtout avant l'expiration du permis en cours.
- Prolongation de 12 mois, sans nouvelle EIMT, via le Programme de mobilité internationale.
- Réservée aux permis fermés qui expirent entre le 13 mars et le 31 décembre 2026.
- Le travailleur doit avoir une demande de résidence permanente en cours (PSTQ).
- Demande avant l'expiration du permis et au plus tard le 31 décembre 2026.
Voie 2 : basculer vers la résidence permanente
La prolongation gagne du temps mais elle ne règle rien de façon durable. Si vous voulez garder votre travailleur pour de bon, la vraie solution est de l'aider à obtenir la résidence permanente. C'est aussi ce que le Québec pousse activement.
Le PSTQ, la voie principale
Depuis la fin du Programme de l'expérience québécoise sous sa forme précédente, le Québec a rejeté l'idée d'un accès garanti pour les travailleurs déjà sur place. Il les redirige vers le PSTQ, un programme par pointage. Bonne nouvelle pour vous : depuis le 13 mai 2026, le Québec traite en priorité les demandes de sélection des travailleurs dont le permis arrive à échéance. Les dossiers des titulaires de permis ouvert passent d'abord, puis ceux des permis fermés.
Le PEQ, une fenêtre qui se referme vite
Le Programme de l'expérience québécoise a rouvert en 2026, avec une première période de dépôt qui se termine le 31 octobre. Si votre travailleur est un diplômé du Québec ou y a accumulé de l'expérience admissible, c'est une porte à ne pas manquer. Après cette date, il faudra attendre la prochaine fenêtre.
Entrée Express, si le français est là
Pour une installation hors Québec ou en complément, Entrée Express reste une option solide. Un bon niveau de français peut y valoir des points décisifs et ouvre des rondes d'invitation réservées aux francophones. Si votre travailleur parle français, c'est souvent son meilleur atout.
- La résidence permanente est la seule solution qui règle la question pour de bon.
- Le PSTQ est la voie principale, avec priorité aux permis qui expirent bientôt.
- La fenêtre du PEQ se ferme le 31 octobre 2026.
- Le français est un levier majeur, au Québec comme en Entrée Express.
Voie 3 : une nouvelle EIMT
Si votre employé n'entre pas dans la mesure temporaire et qu'aucune démarche de résidence permanente n'est assez avancée, il reste le chemin classique : une nouvelle étude d'impact sur le marché du travail (EIMT), un processus qu'on détaille dans notre guide de l'embauche d'un travailleur étranger temporaire. C'est plus long et plus exigeant mais parfois inévitable pour garder le poste.
Trois réalités de 2026 à intégrer avant de vous lancer :
- les frais ont grimpé. Comptez 233 $ par travailleur pour l'EIMT québécoise, 233 $ pour la demande de sélection temporaire, en plus des 1 000 $ fédéraux. Ces frais ne sont jamais remboursés, même en cas de refus ;
- les documents transmis par l'employeur doivent être en français ;
- pour les postes à bas salaire à Montréal et à Laval, le traitement des EIMT est suspendu. Selon votre secteur et votre région, cette voie peut être fermée d'avance.
Avant d'engager une EIMT, il vaut la peine de vérifier si l'une des trois autres voies s'applique. Elles sont presque toujours plus rapides.
- L'EIMT reste le recours quand aucune voie accélérée ne s'applique.
- Frais en hausse en 2026, non remboursables, dossier en français.
- EIMT à bas salaire suspendues à Montréal et à Laval.
- À envisager seulement après avoir écarté les voies 1, 2 et 4.
Voie 4 : les permis qui évitent l'EIMT
Selon le profil de votre travailleur, il existe des voies qui contournent l'EIMT sans passer par la mesure temporaire. Elles valent toujours la vérification.
- La mobilité francophone : pour un emploi hors Québec, ouverte aux candidats francophones, sans EIMT. Une option stratégique si votre entreprise a des activités ailleurs au pays.
- Le transfert intrasociété : si votre travailleur peut être muté au sein d'un groupe présent à l'étranger.
- Le permis de travail ouvert : dans certains cas (conjoint d'un travailleur ou d'un étudiant, diplômé récent), votre employé peut y devenir admissible et retrouver le droit de travailler sans dépendre d'une EIMT.
- Plusieurs voies évitent l'EIMT selon le profil du travailleur.
- Mobilité francophone, transfert intrasociété, permis ouvert.
- Chaque cas s'évalue individuellement avant de choisir.
Quelle voie pour votre situation
La bonne stratégie dépend de trois éléments : la date d'expiration du permis, l'avancement d'une éventuelle démarche de résidence permanente et le profil de votre travailleur. Voici comment trancher rapidement.
- Visez la prolongation de 12 mois (voie 1), la plus rapide et sans EIMT.
- Déposez avant l'expiration du permis pour garder le travail actif.
- Évaluez tout de suite l'admissibilité au PSTQ et au PEQ (fenêtre au 31 octobre).
- Lancez la sélection permanente : c'est ce qui ouvre ensuite la voie 1.
- En dernier recours seulement, préparez une nouvelle EIMT.
- Vérifiez la mobilité francophone, le transfert intrasociété ou un permis ouvert.
- Ces voies évitent l'EIMT et se règlent souvent plus vite.
Dans presque tous les cas, la pire décision est d'attendre. Chaque semaine sans démarche réduit le nombre de voies disponibles et rapproche la rupture de statut.
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Faire évaluer le dossierQuestions fréquentes
Le Canada prolonge-t-il les permis de travail en 2026 ? +
Que faire si le permis de mon employé expire bientôt ? +
Faut-il une nouvelle EIMT pour prolonger un permis fermé ? +
Combien coûte une nouvelle EIMT au Québec en 2026 ? +
Mon employé peut-il rester travailler pendant le traitement de la demande ? +
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Ce contenu fournit de l'information générale en matière d'immigration. Il ne constitue pas un avis juridique. Chaque situation s'évalue individuellement.