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Permis de travail fermé qui expire au Québec : les 4 voies qui restent en 2026

Par Me Pradelle Yimga, avocateMis à jour en septembre 2026

Un de vos travailleurs voit son permis approcher de sa date d'expiration et vous ne savez pas quoi faire. La bonne nouvelle : en 2026, la prolongation d'un permis de travail fermé au Québec n'est plus votre seule option. Il en existe quatre et le bon choix dépend de la situation exacte de votre employé.

Ce qui se passe vraiment quand le permis expire

Un permis de travail fermé lie votre employé à vous. Le jour où il expire, votre employé perd le droit de travailler, à moins d'avoir déposé une demande avant l'échéance. C'est le point que trop d'employeurs découvrent trop tard.

Si une demande de prolongation ou de nouveau permis est déposée avant la date d'expiration, votre employé bénéficie de ce qu'on appelle le statut implicite : il peut continuer à travailler aux mêmes conditions pendant que le dossier est traité. Si la demande est déposée après, ce filet disparaît. Le travailleur doit arrêter et rattraper la situation devient long et incertain.

Autrement dit, la vraie échéance n'est pas la date sur le permis. C'est la date où vous lancez la démarche. Et en 2026, avec l'expiration de centaines de milliers de permis partout au pays, les délais de traitement ne jouent pas en votre faveur. Plus tôt vous décidez, plus vous avez de voies ouvertes.

À retenir
  • Le permis fermé lie le travailleur à un seul employeur.
  • Déposer avant l'expiration active le statut implicite : le travail continue pendant le traitement.
  • Déposer après l'expiration fait perdre ce filet et complique tout.
  • La date qui compte, c'est celle où vous agissez, pas celle inscrite sur le permis.

Voie 1 : la prolongation de 12 mois, sans EIMT

C'est la voie la plus rapide et la moins coûteuse mais elle ne vise qu'un groupe précis. Depuis le 13 mars 2026, une mesure temporaire d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada permet de prolonger de 12 mois le permis de travail fermé de certains travailleurs déjà au Québec.

Le mécanisme est intéressant pour vous : le nouveau permis est délivré dans le cadre du Programme de mobilité internationale, ce qui veut dire aucune nouvelle EIMT à produire. Pas d'affichage de poste, pas de démonstration de besoin de main-d'œuvre, pas de frais fédéraux de 1 000 $. Votre employé reste chez vous, sans interruption.

Qui est admissible

La mesure ne s'applique pas à tout le monde. Votre employé doit :

Les titulaires d'un permis de travail ouvert n'y sont pas admissibles et la mesure ne couvre pas les conjoints ni les personnes à charge. La demande doit être présentée sur le site d'IRCC au plus tard le 31 décembre 2026 et surtout avant l'expiration du permis en cours.

Pour les employeurs en région. Du 1er avril 2026 au 31 mars 2027, les employeurs ruraux peuvent conserver leur nombre actuel de travailleurs étrangers temporaires à bas salaire et faire passer leur proportion de 10 à 15 %. Si vous êtes hors des grands centres, cette marge change vos options.
À retenir
  • Prolongation de 12 mois, sans nouvelle EIMT, via le Programme de mobilité internationale.
  • Réservée aux permis fermés qui expirent entre le 13 mars et le 31 décembre 2026.
  • Le travailleur doit avoir une demande de résidence permanente en cours (PSTQ).
  • Demande avant l'expiration du permis et au plus tard le 31 décembre 2026.

Voie 2 : basculer vers la résidence permanente

La prolongation gagne du temps mais elle ne règle rien de façon durable. Si vous voulez garder votre travailleur pour de bon, la vraie solution est de l'aider à obtenir la résidence permanente. C'est aussi ce que le Québec pousse activement.

Le PSTQ, la voie principale

Depuis la fin du Programme de l'expérience québécoise sous sa forme précédente, le Québec a rejeté l'idée d'un accès garanti pour les travailleurs déjà sur place. Il les redirige vers le PSTQ, un programme par pointage. Bonne nouvelle pour vous : depuis le 13 mai 2026, le Québec traite en priorité les demandes de sélection des travailleurs dont le permis arrive à échéance. Les dossiers des titulaires de permis ouvert passent d'abord, puis ceux des permis fermés.

Le PEQ, une fenêtre qui se referme vite

Le Programme de l'expérience québécoise a rouvert en 2026, avec une première période de dépôt qui se termine le 31 octobre. Si votre travailleur est un diplômé du Québec ou y a accumulé de l'expérience admissible, c'est une porte à ne pas manquer. Après cette date, il faudra attendre la prochaine fenêtre.

Entrée Express, si le français est là

Pour une installation hors Québec ou en complément, Entrée Express reste une option solide. Un bon niveau de français peut y valoir des points décisifs et ouvre des rondes d'invitation réservées aux francophones. Si votre travailleur parle français, c'est souvent son meilleur atout.

À retenir
  • La résidence permanente est la seule solution qui règle la question pour de bon.
  • Le PSTQ est la voie principale, avec priorité aux permis qui expirent bientôt.
  • La fenêtre du PEQ se ferme le 31 octobre 2026.
  • Le français est un levier majeur, au Québec comme en Entrée Express.

Voie 3 : une nouvelle EIMT

Si votre employé n'entre pas dans la mesure temporaire et qu'aucune démarche de résidence permanente n'est assez avancée, il reste le chemin classique : une nouvelle étude d'impact sur le marché du travail (EIMT), un processus qu'on détaille dans notre guide de l'embauche d'un travailleur étranger temporaire. C'est plus long et plus exigeant mais parfois inévitable pour garder le poste.

Trois réalités de 2026 à intégrer avant de vous lancer :

Avant d'engager une EIMT, il vaut la peine de vérifier si l'une des trois autres voies s'applique. Elles sont presque toujours plus rapides.

À retenir
  • L'EIMT reste le recours quand aucune voie accélérée ne s'applique.
  • Frais en hausse en 2026, non remboursables, dossier en français.
  • EIMT à bas salaire suspendues à Montréal et à Laval.
  • À envisager seulement après avoir écarté les voies 1, 2 et 4.

Voie 4 : les permis qui évitent l'EIMT

Selon le profil de votre travailleur, il existe des voies qui contournent l'EIMT sans passer par la mesure temporaire. Elles valent toujours la vérification.

À retenir
  • Plusieurs voies évitent l'EIMT selon le profil du travailleur.
  • Mobilité francophone, transfert intrasociété, permis ouvert.
  • Chaque cas s'évalue individuellement avant de choisir.

Quelle voie pour votre situation

La bonne stratégie dépend de trois éléments : la date d'expiration du permis, l'avancement d'une éventuelle démarche de résidence permanente et le profil de votre travailleur. Voici comment trancher rapidement.

Le permis expire d'ici fin 2026 et une demande PSTQ est déjà déposée
  • Visez la prolongation de 12 mois (voie 1), la plus rapide et sans EIMT.
  • Déposez avant l'expiration du permis pour garder le travail actif.
Aucune démarche de résidence permanente n'est lancée
  • Évaluez tout de suite l'admissibilité au PSTQ et au PEQ (fenêtre au 31 octobre).
  • Lancez la sélection permanente : c'est ce qui ouvre ensuite la voie 1.
  • En dernier recours seulement, préparez une nouvelle EIMT.
Le profil du travailleur ouvre peut-être une autre porte
  • Vérifiez la mobilité francophone, le transfert intrasociété ou un permis ouvert.
  • Ces voies évitent l'EIMT et se règlent souvent plus vite.

Dans presque tous les cas, la pire décision est d'attendre. Chaque semaine sans démarche réduit le nombre de voies disponibles et rapproche la rupture de statut.

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Questions fréquentes

Le Canada prolonge-t-il les permis de travail en 2026 ? +
Pas de façon générale. Depuis le 13 mars 2026, une mesure temporaire permet de prolonger de 12 mois le permis de travail fermé de certains travailleurs au Québec, à condition qu'ils soient engagés dans une démarche de résidence permanente (PSTQ) et que leur permis expire avant le 31 décembre 2026. Ce n'est pas automatique et ça ne vise ni les permis ouverts ni les personnes à charge.
Que faire si le permis de mon employé expire bientôt ? +
Agir avant la date d'expiration. Déposer une demande avant l'échéance active le statut implicite, qui permet à votre employé de continuer à travailler pendant le traitement. Selon sa situation, quatre voies sont possibles : la prolongation de 12 mois sans EIMT, la résidence permanente, une nouvelle EIMT ou une voie dispensée d'EIMT.
Faut-il une nouvelle EIMT pour prolonger un permis fermé ? +
Pas pour la mesure temporaire de 2026 : le nouveau permis de 12 mois est délivré via le Programme de mobilité internationale, donc sans EIMT. En revanche, le renouvellement classique d'un permis fermé exige une nouvelle EIMT, avec les frais et les conditions en vigueur.
Combien coûte une nouvelle EIMT au Québec en 2026 ? +
Comptez 233 $ par travailleur pour l'EIMT québécoise et 233 $ pour la demande de sélection temporaire, en plus des 1 000 $ de frais fédéraux. Ces montants ne sont pas remboursés, même si la demande est refusée. Les documents de l'employeur doivent être fournis en français.
Mon employé peut-il rester travailler pendant le traitement de la demande ? +
Oui, si la demande a été déposée avant l'expiration de son permis actuel. Grâce au statut implicite, il peut continuer à travailler aux mêmes conditions jusqu'à la décision. Si la demande est déposée après l'expiration, ce droit ne s'applique plus.
PY
Me Pradelle Yimga, avocateDroit civil, droit des affaires, droit du travail et immigration.

Ce contenu fournit de l'information générale en matière d'immigration. Il ne constitue pas un avis juridique. Chaque situation s'évalue individuellement.