Vous avez un poste que vous n'arrivez plus à combler et vous vous demandez par où commencer. La réponse honnête : il n'y a pas une démarche, il y en a trois. Elles se déroulent en parallèle, elles impliquent deux gouvernements et elles doivent se faire dans un ordre précis. Ce guide vous mène du premier réflexe (votre poste est-il seulement admissible) jusqu'à l'après-embauche. Tout est daté. Tout est sourcé.
- La réponse courte : les trois grandes étapes
- Avez-vous vraiment besoin d'une EIMT ?
- Le seuil salarial qui décide de tout
- Les blocages qui arrêtent une demande avant le dépôt
- Les preuves de recrutement à constituer
- Le parcours complet, étape par étape
- Combien ça coûte vraiment
- Combien de temps ça prend
- Le français : la couche québécoise
- Après l'embauche : conformité et inspections
- Les raccourcis légitimes et leurs limites
- Le contexte 2026 : pourquoi c'est plus serré
- Les sept erreurs les plus fréquentes
- Questions fréquentes
01. La réponse courte : les trois grandes étapes
Le gouvernement fédéral résume le processus en trois mouvements. C'est exact mais c'est incomplet pour un employeur québécois.
- Obtenir une évaluation de l'impact sur le marché du travail (EIMT) ou déposer une offre d'emploi dans le Portail des employeurs.
- Demander au travailleur de présenter sa demande de permis de travail.
- L'informer de ce qui l'attend et préparer son arrivée.
Au Québec, l'étape 01 est double. Vous déposez en même temps au fédéral et au provincial, parce que le Québec sélectionne lui-même ses travailleurs temporaires. Et l'étape 03 n'est pas une formalité d'accueil : c'est là que se jouent les inspections et les sanctions.
Trois étapes sur papier, quatre acteurs dans les faits : vous, le travailleur, Emploi et Développement social Canada (EDSC) et le ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration du Québec (MIFI). Personne ne coordonne à votre place.
Source : IRCC, « Que dois-je faire pour embaucher un travailleur étranger temporaire ? », page modifiée le 1er septembre 2026.
02. Avez-vous vraiment besoin d'une EIMT ?
C'est la première question à vous poser et c'est celle qui fait économiser le plus d'argent. Beaucoup d'employeurs paient une EIMT pour un travailleur qui n'en avait pas besoin.
| Programme des travailleurs étrangers temporaires | Programme de mobilité internationale | |
|---|---|---|
| Ce que ça vérifie | Qu'aucun travailleur d'ici n'est disponible | Qu'il existe un intérêt canadien ou un accord international |
| Qui décide | EDSC et le MIFI | IRCC |
| Frais pour l'employeur | 1 000 $ au fédéral et 233 $ au Québec | 230 $ de frais de conformité |
| Où ça se dépose | Portail EIMT et portail Arrima | Portail des employeurs |
Les cas fréquents où l'EIMT n'est pas nécessaire
- Le travailleur détient déjà un permis de travail ouvert (conjoint d'un travailleur qualifié, diplômé d'un établissement canadien, personne demandeuse d'asile autorisée à travailler).
- Il s'agit d'un transfert à l'intérieur de votre entreprise, depuis une filiale ou une société mère à l'étranger.
- Le travailleur est visé par l'Accord Canada-États-Unis-Mexique ou par un autre accord commercial.
- Il participe à Expérience internationale Canada (le programme Vacances-travail).
- Depuis le 13 mars 2026, une nouvelle dispense s'applique à certaines prolongations de permis au Québec.
Un mot sur la Mobilité francophone, parce que la confusion est constante : ce volet permet d'embaucher un travailleur francophone sans EIMT mais pour un emploi situé à l'extérieur du Québec. Il ne s'applique pas à un poste basé à Montréal ou à Québec.
« Sans EIMT » ne veut pas dire « sans démarche ». Dans la plupart des cas, vous devez quand même créer l'offre d'emploi dans le Portail des employeurs et payer 230 $ de frais de conformité. Et vous prenez les mêmes engagements, avec les mêmes inspections au bout.
Source : IRCC, « Comment embaucher un travailleur », Programme de mobilité internationale, mise à jour du 23 avril 2026.
03. Le seuil salarial qui décide de tout
Si vous ne retenez qu'un chiffre de ce guide, retenez celui-là. Le salaire que vous offrez détermine le volet dans lequel vous déposez et le volet détermine absolument tout le reste : la durée du permis, vos obligations de logement, le plafond de travailleurs étrangers dans votre entreprise et même votre droit de déposer. On revient en détail sur ce basculement dans notre article consacré au seuil salarial passé à 36 $.
| EIMT reçue | Seuil horaire au Québec |
|---|---|
| Entre le 27 juin 2025 et le 16 juillet 2026 | 34,62 $ |
| À partir du 17 juillet 2026 | 36,00 $ |
Le seuil correspond au salaire horaire médian de la province majoré de 20 %, à partir des données de l'Enquête sur la population active de Statistique Canada. Il est révisé périodiquement, à la hausse ces dernières années.
Un poste à 35 $ l'heure était un poste à salaire élevé au printemps 2026. Depuis le 17 juillet, c'est un poste à bas salaire. Même poste, même salaire, règles complètement différentes : la durée passe de trois ans à un an, vous devez fournir un logement, vous êtes soumis au plafond de 10 % et vous pouvez tomber sous un moratoire régional.
| Critère | Poste à salaire élevé | Poste à bas salaire |
|---|---|---|
| Durée maximale de l'emploi | Jusqu'à 3 ans | 1 an |
| Plan de transition | Obligatoire (avec exemptions) | Non exigé |
| Plafond de travailleurs étrangers | Aucun | 10 % par lieu de travail (20 % dans certains secteurs) |
| Affichage minimal du poste | 4 semaines | 8 semaines consécutives |
| Logement | Non | Convenable et abordable, à fournir ou à faciliter |
| Transport aller-retour | Non | À votre charge |
| Refus de traitement en zone à fort chômage | Non | Oui |
Source : EDSC, « Seuils salariaux » (10 juillet 2026), « Exigences du volet des postes à haut salaire » (21 avril 2026) et « Exigences du volet des postes à bas salaire » (18 août 2026).
04. Les blocages qui arrêtent une demande avant même le dépôt
Trois mécanismes peuvent rendre votre demande irrecevable avant qu'un fonctionnaire ait ouvert votre dossier. Vérifiez-les dans cet ordre, avant de dépenser un dollar.
Le moratoire de Montréal et de Laval
Les demandes d'EIMT pour des postes à bas salaire ne sont pas traitées dans les régions économiques de Montréal et de Laval jusqu'au 31 décembre 2026. Notre article dédié au moratoire de Montréal et Laval détaille chaque cas. Des exceptions sectorielles demeurent : agriculture, construction, fabrication d'aliments, soins de santé, services de garde, certains fournisseurs de soins à domicile et les professions inscrites sur la liste québécoise du traitement simplifié.
Le refus de traitement lié au taux de chômage
Depuis le 26 septembre 2024, une demande pour un poste à bas salaire n'est pas traitée si le lieu de travail se trouve dans une région métropolitaine de recensement dont le taux de chômage atteint 6 % ou plus. Les mêmes exceptions sectorielles s'appliquent.
Les 1 000 $ de frais fédéraux ne sont pas remboursables, sauf en cas d'erreur administrative. Le refus de traitement survient avant toute analyse du fond de votre dossier. Un dossier parfait déposé au mauvais endroit reste un dossier refusé.
Le plafond de travailleurs étrangers dans votre entreprise
- Règle générale : un maximum de 10 % de votre effectif par lieu de travail peut occuper un poste à bas salaire dans le cadre du programme.
- Le plafond monte à 20 % pour la construction, la fabrication d'aliments, les hôpitaux, les établissements de soins infirmiers et certains fournisseurs de soins à domicile.
- Aucun plafond ne s'applique à l'agriculture primaire, aux postes qui soutiennent une demande de résidence permanente, aux emplois de 120 jours ou moins et aux emplois saisonniers de 270 jours ou moins.
L'assouplissement rural, une fenêtre à ne pas manquer
Du 1er avril 2026 au 31 mars 2027, un employeur situé à l'extérieur d'une région métropolitaine de recensement, dans une province participante, peut maintenir sa proportion actuelle de travailleurs étrangers même si elle dépasse la limite ou viser 15 % plutôt que 10 % pour les postes à bas salaire. Le Québec participe à la mesure. L'Alberta, l'Ontario et le Nunavut n'y participent pas. Si votre entreprise est en région, c'est la meilleure nouvelle réglementaire de l'année et elle a une date de péremption.
Source : EDSC, « Mesures temporaires » et « Embaucher des travailleurs étrangers temporaires au Québec » (24 juillet 2026).
05. Les preuves de recrutement à constituer avant de déposer
Le principe du programme n'a pas changé : vous devez démontrer que vous avez cherché ici avant de chercher ailleurs. Ce qui a changé, c'est le niveau de preuve exigé.
Pour un poste à bas salaire
- Afficher le poste sur Guichet-Emplois.
- Maintenir l'affichage pendant au moins huit semaines consécutives, dans les trois mois qui précèdent votre demande.
- Mener une activité de recrutement ciblée auprès des jeunes de 15 à 30 ans. C'est obligatoire, pas optionnel.
- Utiliser au moins deux méthodes additionnelles visant des groupes sous-représentés (personnes autochtones, personnes nouvellement arrivées, personnes en situation de handicap, personnes demandeuses d'asile).
Pour un poste à salaire élevé
- Afficher sur Guichet-Emplois pendant au moins quatre semaines dans les trois mois précédents.
- Utiliser au moins deux méthodes additionnelles, dont une de portée nationale.
- Passer par le service Jumelage-emploi et inviter les candidats affichant quatre ou cinq étoiles de compatibilité.
- Joindre un plan de transition, qui décrit comment vous comptez réduire votre dépendance au programme. Certaines situations en sont exemptées (soins à domicile, postes agricoles saisonniers, certains métiers spécialisés québécois, emplois de deux ans ou moins, compétences uniques).
Le traitement simplifié québécois
Si la profession figure sur la liste québécoise du traitement simplifié, vous n'avez pas à fournir de preuves de recrutement. L'effort réel de recrutement demeure attendu mais la charge documentaire tombe.
- La liste en vigueur couvre la période du 24 février 2026 au 23 février 2027.
- Elle contient une soixantaine de professions. En 2023, elle en comptait 287. La coupe est massive et c'est le changement le plus sous-estimé des dernières années.
- Au Québec, le plan de transition n'est exigé qu'à partir de la deuxième EIMT pour la même profession au même lieu de travail.
Avant toute chose, allez chercher le code de la profession (Classification nationale des professions 2021) et vérifiez s'il figure sur la liste. Une profession admissible au traitement simplifié change votre dossier du tout au tout, y compris sous moratoire.
Source : MIFI, « Liste des professions admissibles au traitement simplifié » et EDSC, « Traitement simplifié pour les employeurs du Québec » (24 juillet 2026).
06. Le parcours complet, étape par étape
Voici la séquence réelle, dans l'ordre où elle doit se dérouler.
Étape 01. Qualifier le poste
Salaire offert, code de la profession, lieu de travail, proportion actuelle de travailleurs étrangers dans votre effectif, moratoire applicable. À la fin de cette étape, vous savez si votre poste est admissible et dans quel volet il tombe. Si la réponse est non, vous venez d'économiser plusieurs milliers de dollars.
Étape 02. Recruter localement et tout documenter
Conservez les copies d'annonces, les dates et les durées d'affichage, les curriculums reçus et les motifs de refus. Ce dossier ne sert pas seulement à obtenir l'EIMT : il vous servira encore dans six ans, en cas d'inspection.
Étape 03. Préparer votre conformité à la francisation
Si votre entreprise compte 25 employés ou plus au Québec, vous devez pouvoir fournir une attestation d'inscription (de moins de trois mois), un accusé de réception de l'analyse de votre situation linguistique (de moins de douze mois), une attestation de programme de francisation en application ou un certificat de francisation. Sans cette preuve, votre demande québécoise est refusée.
Étape 04. Déposer la demande conjointe
Vous déposez simultanément au fédéral (dans le portail EIMT, en sélectionnant le français) et au Québec (dans le portail Arrima employeur, avec votre numéro d'entreprise du Québec). Tous les documents que vous transmettez comme employeur doivent obligatoirement être en français. Les pièces attendues du côté québécois :
- Le sommaire de votre demande d'EIMT fédérale, téléchargé en français.
- Le formulaire d'EIMT du Québec, rempli en ligne dans Arrima.
- Le contrat de travail, sur le gabarit prescrit, signé par vous et par le travailleur.
- La demande de sélection temporaire du travailleur.
- L'attestation de l'employeur si un représentant agit à votre dossier.
- Les documents du travailleur : passeport, curriculum, diplômes, autorisations de travail antérieures, preuves d'emploi.
Étape 05. Payer
Mille dollars au fédéral pour le traitement de l'EIMT, 233 $ au Québec pour l'évaluation de l'offre d'emploi et 233 $ pour la demande de sélection temporaire. Le paiement québécois se fait par carte de crédit au moment du dépôt et il n'est pas remboursable, peu importe la décision.
Étape 06. Transmettre les documents au travailleur
Une fois la décision favorable rendue et la sélection acceptée, vous transmettez au travailleur le numéro d'EIMT, le certificat d'acceptation du Québec et votre lettre d'offre. C'est lui qui présente ensuite sa demande de permis de travail à IRCC. Le permis lui sera remis par un agent des services frontaliers à son point d'entrée ou par la poste s'il est déjà au Canada.
Étape 07. Accueillir et se conformer
- Remettre le contrat signé dans la langue officielle choisie par le travailleur.
- L'informer de ses droits comme travailleur au Canada.
- Fournir une assurance maladie privée couvrant les soins urgents jusqu'à son admissibilité au régime public.
- Assurer la couverture en matière d'accidents du travail dès le premier jour.
- Pour un poste à bas salaire : fournir ou faciliter un logement convenable et abordable puis assumer le billet d'avion aller-retour.
Facturer des frais de recrutement au travailleur ou lui faire payer les frais de traitement de l'EIMT. Ça vaut aussi pour toute personne qui agit en votre nom. C'est un motif de sanction direct.
07. Combien ça coûte vraiment
| Poste de coût | Montant | Qui paie | Remarque |
|---|---|---|---|
| Traitement de l'EIMT (fédéral) | 1 000 $ par poste | Employeur | Non remboursable, jamais refilé au travailleur |
| Évaluation de l'offre d'emploi (Québec) | 233 $ par poste | Employeur | Tarif en vigueur depuis le 1er janvier 2026 |
| Demande de sélection temporaire (CAQ) | 233 $ par travailleur | Employeur ou travailleur | Non remboursable |
| Frais de conformité (sans EIMT) | 230 $ | Employeur | Remplace les frais d'EIMT |
| Permis de travail | 155 $ | Travailleur | Par personne |
| Permis de travail ouvert | 100 $ | Travailleur | S'ajoute le cas échéant |
| Biométrie | 85 $ par personne | Travailleur | Maximum de 170 $ par famille |
À ce tableau, ajoutez les coûts réels que personne ne met dans ses calculs : les billets d'avion aller-retour et le logement pour un poste à bas salaire, l'assurance maladie privée, vos honoraires professionnels et le temps de votre équipe. Les tarifs québécois ont été majorés de 2,05 % au 1er janvier 2026, selon l'indice des prix à la consommation du Québec. Ils sont indexés chaque année, alors prévoyez une révision de votre budget à chaque début d'année.
Source : MIFI, « Tableau des frais 2026 » et IRCC, « Barème des frais » (2 juillet 2026).
08. Combien de temps ça prend
La vraie réponse déçoit tout le monde : le délai de traitement n'est pas votre principal problème. C'est le délai de préparation.
- Pour un poste à bas salaire, l'affichage obligatoire de huit semaines démarre votre calendrier deux mois avant le dépôt.
- Le Volet des talents mondiaux vise une décision d'EIMT en dix jours ouvrables dans 80 % des cas et un permis de travail en deux semaines dans 80 % des cas.
- Pour les autres volets, les délais publiés par EDSC varient selon la région et la période de l'année. Vérifiez-les au moment du dépôt plutôt que de vous fier à une moyenne.
- Le traitement simplifié fait gagner du temps sur la préparation du dossier, pas nécessairement sur le traitement.
Pour une entrée en poste en janvier, votre affichage doit commencer à l'automne. C'est probablement le conseil le plus rentable de tout ce guide.
Source : EDSC, « Volet des talents mondiaux » (2 juin 2026).
09. Le français : la couche québécoise que personne ne voit venir
Les guides pancanadiens n'en parlent pas. Les employeurs québécois la découvrent au moment du refus. C'est pourtant la condition la plus simple à préparer d'avance.
La conformité de votre entreprise, depuis le 17 décembre 2025
Une entreprise de 25 employés ou plus au Québec doit démontrer sa conformité au processus de francisation prévu par la Charte de la langue française pour obtenir une évaluation favorable du gouvernement du Québec. Nous détaillons ce point dans notre article sur la conformité à la francisation exigée pour une EIMT. Sont exemptés : les entreprises de 24 employés ou moins, les exploitations agricoles visées, les universités, les associations religieuses, les ordres professionnels, les entreprises situées en réserve et l'administration gouvernementale. La conséquence d'un manquement est nette : la demande auprès du gouvernement du Québec est refusée, notamment si l'entreprise figure sur la liste des entreprises non conformes.
L'engagement d'informer le travailleur
Depuis la même date, vous vous engagez à informer le travailleur des services de francisation gratuits offerts au Québec, avant son arrivée et après.
Le niveau 4 à l'oral, l'échéance de 2028
Un travailleur qui cumule trois ans ou plus de permis de travail au Québec devra démontrer une connaissance du français de niveau 4 à l'oral, selon l'échelle québécoise, pour obtenir ou renouveler son certificat d'acceptation du Québec lié à une EIMT. L'évaluation des travailleurs déjà présents commence le 17 décembre 2028. Les travailleurs agricoles sont exemptés.
Un travailleur que vous embauchez en 2026 atteindra le seuil des trois ans avant 2028. La francisation n'est donc pas une case à cocher, c'est une condition de rétention. Autant l'intégrer au plan d'accueil dès la première journée.
Source : MIFI, « Contribution des entreprises à la francisation » et analyse de Langlois Avocats sur les nouveautés du 17 décembre 2025.
10. Après l'embauche : la partie qui coûte le plus cher quand elle est bâclée
Obtenir l'EIMT, c'est la moitié du travail. L'autre moitié dure six ans.
Ce à quoi vous vous engagez
- Respecter les conditions de l'EIMT et du permis de travail. Les inspecteurs vérifient 29 conditions distinctes.
- Conserver tous les documents pendant six ans.
- Signaler sans délai tout changement ou toute erreur dans une EIMT approuvée.
- Offrir un milieu de travail exempt d'abus.
- Verser le salaire annoncé et respecter les conditions de travail promises.
- Affecter le travailleur aux seules fonctions correspondant au poste approuvé.
Les inspections
Elles peuvent être déclenchées par un soupçon de non-conformité, un antécédent, une sélection aléatoire ou une préoccupation de santé au travail. Elles peuvent avoir lieu jusqu'à six ans après le début de l'emploi, sur place ou à distance, annoncées ou non. Notre article détaille ce que le vérificateur regarde, dans l'ordre.
Les sanctions
- Avertissements.
- Sanctions administratives pécuniaires pouvant atteindre 100 000 $ par violation, jusqu'à un maximum de 1 M$ par année.
- Interdiction d'accès au programme, temporaire ou permanente.
- Inscription sur la liste publique des employeurs non conformes.
- Révocation ou suspension de l'EIMT.
Les chiffres qui font réfléchir
Pour la période du 1er avril 2025 au 31 mars 2026, le gouvernement fédéral a imposé 10,2 M$ de sanctions, contre 4,5 M$ l'année précédente. Sur 1 488 inspections menées, 12 % des employeurs ont été jugés non conformes et 30 employeurs ont été interdits d'accès au programme.
La sanction financière fait mal. L'inscription sur la liste publique fait plus mal et plus longtemps. Elle est consultable par vos clients, vos partenaires, vos prêteurs et vos futurs candidats.
Source : EDSC, « Conformité des employeurs » et communiqué du 9 juillet 2026 sur le doublement des sanctions.
11. Les raccourcis légitimes et leurs limites
Il existe de vraies voies rapides. Elles ne conviennent pas à tout le monde et certaines se referment.
- Le traitement simplifié du Québec : aucune preuve de recrutement à fournir si la profession est sur la liste. C'est le levier le plus puissant et le plus accessible.
- Le Volet des talents mondiaux : traitement accéléré pour des compétences spécialisées, en échange d'un plan des avantages relatifs au marché du travail révisé chaque année.
- Le Projet pilote pour les employeurs reconnus : des EIMT valides jusqu'à 36 mois. Attention, le pilote se termine le 31 décembre 2026 et les demandes reçues entre le 1er juillet et le 31 décembre 2026 ne sont approuvées que pour six mois. C'est une fenêtre qui se referme, pas une solution durable.
- Le Programme de mobilité internationale : à explorer systématiquement avant le PTET quand le profil du travailleur s'y prête.
- La transition vers la résidence permanente : le permis temporaire n'est pas une fin en soi. Un employeur qui planifie la suite garde ses travailleurs. Quand un permis approche de l'échéance, plusieurs voies existent pour garder un travailleur dont le permis fermé expire et la résidence permanente reste la solution la plus durable. Les autres recommencent le processus tous les ans.
Source : IRCC, « Projet pilote pour les employeurs reconnus » (16 avril 2026).
12. Le contexte 2026 : pourquoi c'est plus serré qu'avant
Le plan d'immigration 2026 du Québec prévoit de 130 700 à 177 800 certificats d'acceptation du Québec, dont 43 400 à 63 700 pour les travailleurs étrangers temporaires. L'objectif pour 2029 plafonne à 65 000 travailleurs temporaires.
Traduit en langage d'employeur : le volume disponible se resserre, les contrôles se durcissent et les dossiers bien montés passent devant les autres. Ce n'est plus un processus administratif, c'est devenu un processus concurrentiel.
Source : MIFI, « Plan annuel d'immigration 2026 ».
13. Les sept erreurs les plus fréquentes
- Déposer au fédéral sans déposer au Québec en même temps.
- Afficher le poste quatre semaines au lieu de huit pour un poste à bas salaire.
- Monter un dossier pour Montréal ou Laval sans vérifier le moratoire en vigueur.
- Utiliser le seuil salarial de l'an dernier.
- Oublier la conformité à la francisation quand l'entreprise vient de dépasser 25 employés.
- Transmettre au Québec des documents d'employeur rédigés en anglais.
- Facturer au travailleur des frais qui reviennent à l'employeur.
14. Questions fréquentes
Est-ce que je peux embaucher un travailleur étranger sans EIMT ? +
Combien coûte une EIMT au Québec en 2026 ? +
Quel est le seuil entre un poste à salaire élevé et un poste à bas salaire au Québec ? +
Puis-je embaucher un travailleur étranger à bas salaire à Montréal ? +
Combien de temps dure une EIMT ? +
Dois-je fournir le logement à mon travailleur ? +
Qui paie le permis de travail ? +
Est-ce que mon entreprise doit être en règle avec la francisation ? +
Que se passe-t-il si je ne respecte pas mes engagements ? +
Mon travailleur peut-il faire venir sa famille ? +
Comment passer du permis temporaire à la résidence permanente ? +
En résumé
Embaucher un travailleur étranger temporaire au Québec, ce n'est pas remplir un formulaire. C'est qualifier un poste, documenter un recrutement, coordonner deux gouvernements, respecter une exigence linguistique et tenir ses engagements pendant six ans. La bonne nouvelle : chacune de ces étapes est prévisible. Les dossiers qui échouent échouent presque toujours pour la même raison, une vérification d'admissibilité sautée au départ.
Avant de dépenser 1 000 $
Faites valider l'admissibilité de votre poste : salaire, code de profession, région, plafond et conformité linguistique. Une vérification en amont coûte infiniment moins cher qu'une demande refusée. Parlez-nous de votre poste, on vous dit en quelques minutes si la porte est ouverte.
Parler de mon posteLe présent article présente de l'information générale à jour au 14 septembre 2026. Il ne constitue pas un avis juridique et ne remplace pas une analyse de votre situation particulière.